Ajouter un module de configuration du firewall dans le centre de contrôle de KDE

Depuis la ver­sion 10.04, Kubuntu est four­nie avec ufw (Uncom­pli­ca­ted Fire­wall) pour pare-feu. Par contre, ce der­nier n'est accom­pa­gné d'aucune inter­face gra­phique contrai­re­ment à Ubuntu qui met à dis­po­si­tion gufw, la GUI d'ufw chez Gnome. Oui mais, me direz-vous, il est tout à fait pos­sible et même aisé d'installer gufw sur Kubuntu.

Certes.

Mais grâce à Craig Drum­mond nous allons faire mieux : ins­tal­ler une GUI KDE-esque (c'est quand même plus joli quand ça s'harmonise avec l'environnement) et de sur­croît, inté­grée au Centre de Contrôle.

On com­mence comme d'habitude par récu­pé­rer les sources sur KDE Apps ou direc­te­ment sur le Wikis­pace de Craig (tout en bas de la page), puis on les décom­presse par exemple dans ~/kcm_ufw et dans un ter­mi­nal, on se place dans ce dos­sier et on y crée un autre dos­sier, nommons-le build, et on se place dans ce der­nier dossier :

$ mkdir -p build && cd build

On com­mence par ins­tal­ler le néces­saire pour la compilation :

$ sudo apt-get install build-essential cmake kdelibs5-dev checkinstall

On passe à la construction :

$ cmake .. -DCMAKE_INSTALL_PREFIX=`kde4-config --prefix` -DUFW_TRANSLATIONS="fr"
$ make

Et enfin, on ins­talle, tou­jours avec che­ckins­tall pour dis­po­ser d'un bien pra­tique paquet deb et pou­voir dés­ins­tal­ler plus faci­le­ment au besoin :

$ sudo checkinstall -D --nodoc --maintainer=votre@email.tld --pkgname=kcm_ufw --pkgversion=0:`cat ../ChangeLog | sed -n 1p` --pkglicense=GPL --pkgarch=`dpkg --print-architecture` --pkgsource=http://craigd.wikispaces.com/ --provides=kcm_ufw --backup=no --deldoc --default

Et voilà ! On se retrouve avec ça :

KCM UFW dans KControl

Et l'on peut désor­mais défi­nir des règles à l'aide d'une inter­face gra­phique bien intégrée :

KCM UFW dans KControl

Et comme d'hab', vous pou­vez télé­char­ger un paquet tout fait dans l'espace de télé­char­ge­ment dans Appli­ca­tions ⇒ Ubuntu.

Fichier : kcm-ufw_0.4.1-1_amd64.deb
Signa­ture : kcm-ufw_0.4.1-1_amd64.deb.asc
SHA1 : c0facafd756b3ee3b2ff1477db8cee9b549a93e8
MD5 : 20a1fc8a7fec180ac8df4b6a5fa8e621
CRC32 : 734a2c57

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Convertir des sous-titres VobSub en SRT sur GNU/Linux

Quand elle est reve­nue de sa der­nière croi­sière, ma grand-mère avait dans ses bagages un DVD conte­nant plu­sieurs petits films de ses vacances, une séquence par étape, le tout sous-titré en anglais. Bien que n'habitant pas le Can­tal, Mamie ne savait pas trop que faire de ce DVD, d'autant qu'elle ne lit pas la langue de la per­fide Albion et n'a aucu­ne­ment l'intention de s'y mettre, à son âge aussi res­pec­table qu'avancé.

Elle a donc fait appel à moi pour arri­ver à faire quelque chose de ce DVD, par­ti­cu­liè­re­ment pour les sous-titres, qu'elle aime­rait avoir en français.

Il existe de nom­breuses méthodes pour extraire des sous-titres Vob­Sub d'une vidéo, tant sur GNU/Linux que sur Win­dows. Par contre GNU/Linux ne pro­pose rien de pro­bant pour conver­tir le for­mat Vob­Sub en quelque chose de faci­le­ment édi­table comme le SRT. Alors bien sûr, on peut le faire à la main avec Avi­de­mux par exemple ou même SubRip via Wine, mais c'est assez long et sur­tout, dans le cas pré­sent, le DVD contient pas moins de 24 séquences dis­tinctes comp­tant cha­cune entre 300 et 400 lignes de sous-titres. L'automatisation de la tâche s'impose…

Heu­reu­se­ment pour moi, ruediger.s du forum Doom9.org a déve­loppé un script qui per­met de faire ce que je veux : j'ai nommé VobSub2Srt. Pro­cé­dure d'installation :

La pro­cé­dure ci-dessous est pré­vue pour être réa­li­sée sous Ubuntu. Elle devrait fonc­tion­ner (avec plus ou moins d'adaptations) sur tout sys­tème GNU/Linux et même sur MacOS mais ce n'est pas garanti et comme d'habitude, soyez vigilants.

On récu­père les sources ici : https://github.com/ruediger/VobSub2SRT/zipball/master

On décom­presse :

$ unzip ruediger-VobSub2SRT-*.zip

On ins­talle le néces­saire pour com­pi­ler :
— Ubuntu 11.10 Oneiric :

$ sudo apt-get install libavutil-dev tesseract-ocr-dev tesseract-ocr-eng build-essential cmake checkinstall

— Ubuntu 12.04 Precise :

$ sudo apt-get install libavutil-dev libtesseract-dev libtiff4-dev tesseract-ocr-eng build-essential cmake checkinstall

Notez ici l'installation de Tes­se­ract : c'est lui qui, par OCR, va faire le gros du bou­lot. Ici, j'installe le néces­saire pour faire de l'OCR sur la langue anglaise ; il est bien évident qu'il faut ins­tal­ler les paquets tes­se­ract cor­res­pon­dants aux langues que vous vou­drez extraire…

NB:

Main­te­nant, on va com­pi­ler le tout :

$ cd ruediger-VobSub2SRT-*
$ ./configure
$ make
$ checkinstall -D --nodoc --maintainer=votre@email.tld --pkgname=vobsub2srt --pkglicense=GPL3+ --pkgarch=`dpkg --print-architecture` --pkgsource=https://github.com/ruediger/VobSub2SRT --provides=VobSub2Srt --requires="tesseract-ocr-eng" --backup=no --deldoc --default
$ sudo dpkg -i vobsub2srt_*.deb
$ sudo ln -s /usr/local/bin/vobsub2srt /usr/bin/

Le che­ckins­tall retourne une erreur à la fin, c'est nor­mal puisqu'on ne l'a pas lancé avec les droits Super­U­ti­li­sa­teur donc il crée cor­rec­te­ment le paquet mais ne peut l'installer.

Main­te­nant, il ne reste plus qu'à l'utiliser, pos­tu­lons que j'ai sous_titres.sub (et sous_sitres.idx bien sûr) :

$ vobsub2srt sous_titres

et on obtient en quelques secondes un fichier sous_titres.srt qu'il reste à cor­ri­ger. Ben oui, c'est génial l'OCR mais loin d'être infaillible, sur­tout quand c'est auto­ma­tique. Cepen­dant, j'ai obtenu d'aussi bons résul­tats qu'en le fai­sant à la main avec Avi­de­mux, et beau­coup plus rapidement !

Il existe deux options pour vobsub2srt :

–ver­bose : active le mode verbeux

–lang code_langue : règle l'OCR sur la langue don­née, par exemple vobsub2srt –lang fr sous_titres si vos sous-titres Vob­Sub sont en fran­çais (je rap­pelle ici qu'il faut avoir ins­tallé les paquets tes­se­ract correspondants)

Voilà ! Conver­tis­sez bien, et comme tou­jours je vous four­nis un paquet pré­com­pilé pour archi­tec­ture x64 dis­po­nible dans l'espace de télé­char­ge­ment, sec­tion Appli­ca­tions → Ubuntu.

— Paquet pour Ubuntu 11.10 Onei­ric :
Fichier : vobsub2srt_23dcb63-1_amd64.deb
Signa­ture : vobsub2srt_23dcb63-1_amd64.deb.asc
SHA1 : f0c74851a26b82d1729ad56b5cc5a83b772f93ae
MD5 : 878cb25143f637bf7a9a3bc290d2d688
CRC32 : 1f719842
— Paquet pour Ubuntu 12.04 Pre­cise :
Fichier : vobsub2srt_2d8d1b0-1_amd64.deb
Signa­ture : vobsub2srt_2d8d1b0-1_amd64.deb.asc
Check­sums : vobsub2srt_2d8d1b0-1_amd64.deb.checksum
SHA1 : 4b961ce581b9771ab47a9c2e094bb7c5d788aa6c
MD5 : 45040f77b349eb86511415a2b75dbdc4
CRC32 : 1c5848b1

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Le domaine public en danger

C'est le 18 jan­vier, jour du bla­ckout contre SOPA et PIPA, que la Cour Suprême des États-Unis a rendu un avis qui sonne comme une gifle au domaine public et un pied de nez aux défen­seurs de toutes les liber­tés en confir­mant le droit du Congrès de s'arroger le pou­voir de faire appli­quer ou dépo­ser des bre­vets sur des œuvres ou tra­vaux rele­vant du domaine public.

Bref rap­pel des faits :

C'est le 1er jan­vier 1995 qu'entre en vigueur le Uru­guay Round Agree­ments Act (URAA) par une loi pro­mul­guée 3 semaines plus tôt par Bill Clin­ton. Cet acte du Congrès amé­ri­cain a pour but d'harmoniser la loi amé­ri­caine avec la pro­tec­tion des droits d'auteur à l'échelle inter­na­tio­nale. Aux États-Unis, l'un des résul­tats a été de réta­blir un copy­right sur les tra­vaux étran­gers fai­sant aupa­ra­vant par­tie du domaine public. Concrè­te­ment, cela signi­fie qu'à par­tir du 1er jan­vier 1995, aux États-Unis, jouer Pierre et le Loup de Poko­fiev est devenu poten­tiel­le­ment sou­mis au paie­ment d'une licence (à par­tir du moment où quelqu'un en achète les droits), tout comme les sym­pho­nies de Mozart, une par­tie de l'œuvre de H. G. Wells et des mil­lions d'autres biens cultu­rels fai­sant par­tie du domaine public. C'est à ce moment qu'un pro­fes­seur de musique du nom de Law­rence Golan s'est mis à tirer la son­nette d'alarme. Il sera par la suite à l'origine d'une péti­tion signée par de nom­breux artistes qui a fini par don­ner son nom, en 2001, à une pro­cé­dure de contes­ta­tion de consti­tu­tion­na­lité de l'article 514 du URAA — celui qui rame­nait les œuvres du domaine public sous le joug du copy­right — accusé, à juste titre, de vio­ler la notion de limi­ta­tion de durée de la loi amé­ri­caine sur le copy­right et le 1er Amen­de­ment de la Consti­tu­tion.
Après dix ans de bataille juri­dique, c'est à la Cour Suprême qu'est reve­nue la res­pon­sa­bi­lité de tran­cher. Et c'est mer­credi der­nier qu'elle a rendu son ver­dict, dans un docu­ment de 69 pages qui ne fait que répé­ter laco­ni­que­ment les avis pré­cé­dem­ment ren­dus : tant que le Congrès trouve ça bien, alors… c'est bien. Seule­ment deux juges se sont oppo­sés à la déci­sion sur les neuf que compte la Cour…

Et vlan ! Prends-toi ça, le domaine public !

On peut donc main­te­nant ache­ter les droits sur la musique de Stra­vinsky, mettre Bach sous licence et fac­tu­rer la lec­ture de Sha­kes­peare. Mais pas que ! Il y a tel­le­ment d'œuvres dans le domaine public avec les­quelles les majors pour­ront se faire de l'argent ! On peut même ima­gi­ner qu'Apple ou Micro­soft se mettent à ache­ter les licences de tout ou par­tie de code ou logi­ciels appar­te­nant au domaine public et étant uti­li­sés par ou dans un sys­tème d'exploitation comme… GNU/Linux, par exemple. Ren­dant de facto l'utilisation de ce der­nier illé­gale. Eh oui, car­ré­ment ! L'impact sera grand aussi sur les manuels sco­laires, car l'éducation devra payer pour repro­duire telle photo ou telle œuvre d'art. Et des exemples de ce genre, il y en a des milliers.

Ça n'a pas fait beau­coup de bruit… Un entre­fi­let dans Sla­sh­dot, un article dans Tech­dirt et dans Wired. Rien en France (edit : si en fait, qveenz en parle ici). Tout le monde était trop occupé à com­battre SOPA et PIPA, puis sous le choc de la fer­me­ture aussi sou­daine qu'arbitraire de MegaU­pload. Bien que ça ne soit vrai­sem­bla­ble­ment qu'une coïn­ci­dence, si la Cour Suprême avait voulu évi­ter les vagues elle n'aurait pas pu faire mieux. C'est en tout cas très grave pour la culture et cela démontre si besoin est encore l'ineptie monu­men­tale qu'est la notion contem­po­raine de copy­right et sa dan­ge­ro­sité pour les liber­tés fondamentales.

Alors que SOPA et PIPA sont bonnes pour aller se faire reto­quer, il serait naïf de croire que le com­bat peut ces­ser, ne serait-ce qu'une seconde : la Cour Suprême des États-Unis enfonce le clou, l'Union Euro­péenne s'apprête à signer ACTA ce 26 jan­vier. Il est impor­tant de s'élever contre ces atteintes, encore et encore, de ne jamais croire que la vic­toire est acquise. Les liber­ti­cides, à l'instar des cons, ne sont jamais en vacances.

Juge­ment de la Cour Suprême des États-Unis du 18 Jan­vier 2012

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